Où en est le marché immobilier français ? Pour répondre, nous avons analysé les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières), la seule base qui recense les prix de vente réels — pas des estimations algorithmiques. Ville par ville, voici les tendances de prix et de volume, les gagnants, les perdants et ce que cela signifie pour les acheteurs et les vendeurs.
Vue d'ensemble nationale : la reprise se confirme-t-elle ?
Le prix médian national des appartements s'établit autour de 3 246 €/m² d'après les données DVF les plus récentes. Ce chiffre cache une très forte dispersion : de 1 049 €/m² à Montluçon à plus de 10 000 €/m² à Paris et Neuilly-sur-Seine.
Après deux années de correction (2022-2023) marquées par la remontée des taux d'intérêt, le marché montre des signaux contrastés. Certaines villes repartent nettement à la hausse, d'autres continuent de corriger. Le volume de transactions, indicateur avancé de la santé du marché, reste un point d'attention.
Les 10 villes en hausse
Parmi les villes de plus de 50 000 habitants, voici celles qui affichent les plus fortes progressions sur un an :
Le rattrapage se poursuit. Le TGV Paris-Troyes et le télétravail portent la demande. Les prix restent bien en dessous de la moyenne nationale.
Effet Grand Paris Express : l'anticipation de la ligne 16 fait bondir les prix. Attention à la surchauffe.
L'effet LUMA (fondation culturelle), le soleil provençal et des prix encore sous la barre des 3 500 €/m² attirent une nouvelle population.
La grande ville bretonne continue de gagner en attractivité. Volume élevé, hausse modérée : un marché sain.
Effet « Capitale européenne de la culture » et prix très accessibles. Le marché se réveille doucement.
Forte dynamique, volume très élevé pour la taille de la ville. Soleil, prix bas, effet littoral.
Rebond après une forte correction. Le pôle universitaire et technologique maintient la demande.
La Bretagne (Brest, Quimper), le sud méditerranéen (Arles, Béziers, Antibes) et la banlieue parisienne en transformation (Sevran, Drancy) tirent le marché vers le haut. Pour approfondir, consultez notre classement des plus fortes hausses.
Les 10 villes en baisse

La correction la plus sévère du classement. Les prix de Besançon reviennent vers leur niveau historique après une bulle post-Covid.
Après une hausse forte portée par le TGV et le télétravail, Tours corrige. Les prix restent supérieurs à leur niveau d'il y a 5 ans.
La banlieue bordelaise corrige après la surchauffe de 2020-2022.
Le Nord (Dunkerque, Roubaix) et certaines communes d'Île-de-France (Bondy, Créteil, Aubervilliers) sont en correction. Tours et Mérignac illustrent le retour de bâton post-Covid : les hausses de 2020-2022 étaient en partie artificielles, alimentées par les taux bas et le télétravail.
Volume de transactions : l'activité repart-elle ?
Le volume de transactions est un indicateur avancé du marché. Quand les volumes remontent, les prix suivent généralement avec 3 à 6 mois de décalage.
Les villes affichant les plus gros volumes sont aussi les marchés les plus liquides :
- Brest : 4 120 transactions — marché très actif
- Antibes : 3 858 transactions — le marché azuréen reste dynamique
- Tours : 3 620 transactions — volume élevé malgré la baisse des prix
- Besançon : 3 498 transactions — correction rapide, volume soutenu
- Béziers : 2 812 transactions — dynamique pour une ville de cette taille
- Troyes : 2 670 transactions — le volume accompagne la hausse des prix
Un volume élevé en période de hausse (Brest, Troyes) est un signal fort. Un volume élevé en période de baisse (Besançon, Tours) indique que le marché reste liquide et que l'ajustement des prix est en cours de manière ordonnée.
Les facteurs macroéconomiques : taux, inflation, emploi
Trois facteurs macroéconomiques influencent directement le marché immobilier :

Les taux d'intérêt : après avoir atteint un pic à plus de 4 % fin 2023, les taux des crédits immobiliers ont amorcé une baisse progressive. Un taux à 3,5 % au lieu de 4,2 % sur 25 ans représente un gain de pouvoir d'achat de 8 à 10 % pour l'emprunteur. Cette détente favorise la reprise dans les villes où la demande existait mais était bloquée par le coût du crédit.
L'inflation : le ralentissement de l'inflation réduit la pression sur les taux directeurs de la BCE, ce qui facilite la baisse des taux de crédit. En revanche, l'inflation cumulée des dernières années a renchéri les coûts de construction, limitant l'offre de logements neufs.
L'emploi : le taux de chômage national se situe autour de 10 %, mais avec de fortes disparités locales. Les villes à faible chômage (ouest, sud-est) voient leur marché immobilier mieux résister que les villes du nord et du centre touchées par le chômage industriel. Consultez notre classement des villes par emploi.
Perspectives pour les mois à venir
Les signaux sont contrastés. La baisse des taux de crédit devrait soutenir la reprise des transactions dans les grandes métropoles et les villes moyennes attractives. En revanche, les villes en déclin démographique continueront de voir leurs prix stagner ou baisser, indépendamment de la conjoncture nationale.
Les marchés à surveiller :
- Villes en début de hausse (Troyes, Bourges, Brest) : la tendance pourrait se poursuivre si le volume de transactions confirme
- Villes en fin de correction (Tours, Mérignac) : les prix approchent d'un plancher, la fenêtre d'achat est ouverte
- Banlieue Grand Paris Express (Sevran, Drancy) : l'effet infrastructure va se prolonger jusqu'à l'ouverture des lignes
Pour identifier les villes où s'installer avant la hausse, consultez notre article sur les 10 villes émergentes. Et pour un calcul personnalisé, notre simulateur budget prend en compte le prix local, la fiscalité et vos revenus.
FAQ
Les prix immobiliers vont-ils remonter partout en France ?
Non. La France immobilière est fragmentée en marchés locaux qui évoluent différemment. Les grandes métropoles et les villes attractives (littoral, TGV, télétravail) devraient bénéficier de la baisse des taux. Les villes en déclin démographique continueront de stagner ou baisser. Il n'y a plus de hausse généralisée comme en 2015-2021.
Est-ce le bon moment pour acheter ?
Cela dépend de la ville et de votre projet. Dans les villes en fin de correction (Tours, Mérignac, Lorient), les prix sont revenus à des niveaux plus réalistes. Dans les villes en hausse rapide (Sevran, Troyes), le risque de surpayer augmente. La règle : achetez quand le ratio prix/revenus locaux est inférieur à la moyenne historique de la ville.
Comment savoir si une ville est en hausse ou en baisse ?
Consultez l'évolution des prix DVF sur un an et sur cinq ans. Une hausse sur un an accompagnée d'un volume de transactions en progression est un signal fort. Une hausse des prix avec un volume en baisse peut indiquer un marché en tension (peu d'offre) plutôt qu'une vraie reprise. Nos fiches ville incluent ces deux indicateurs.
Pourquoi les estimations des portails ne correspondent pas aux prix DVF ?
Les portails immobiliers estiment les prix à partir des annonces en ligne, qui reflètent le prix demandé par le vendeur, pas le prix payé. En période de baisse, les vendeurs affichent des prix supérieurs au marché réel (refus de vendre à perte), ce qui surévalue les estimations. DVF enregistre le prix effectivement payé chez le notaire, après négociation.
Le volume de transactions est-il un bon indicateur de la santé du marché ?
Oui, c'est même le meilleur indicateur avancé. Un marché immobilier commence à se retourner par les volumes avant les prix. Quand les transactions augmentent (plus d'acheteurs reviennent), les prix suivent à la hausse 3 à 6 mois plus tard. L'inverse est aussi vrai : quand les transactions chutent, les prix baissent ensuite.
Sources : DVF (DGFiP), données notariales officielles — Licence Ouverte 2.0. Taux de crédit : Banque de France, observatoire Crédit Logement/CSA. Analyse : ou-vivre-en-france.fr. Données les plus récentes disponibles.