Pendant que les médias se focalisent sur les hausses de prix, certaines villes françaises voient leur marché immobilier reculer. Pas des estimations à la baisse : des transactions réelles, enregistrées par les notaires, à des prix inférieurs d'une année sur l'autre. Nous avons analysé les données DVF 2024 pour identifier les 15 villes en plus forte baisse, comprendre les raisons de ces reculs et distinguer les pièges des opportunités.
Source : les transactions DVF réelles, pas des estimations
Les articles concurrents qui annoncent des « baisses » s'appuient sur des estimations algorithmiques (MeilleursAgents, SeLoger). Ces outils comparent des annonces, pas des ventes effectives. Notre analyse repose sur DVF (Demandes de Valeurs Foncières), la base qui recense les prix réellement payés devant notaire. En 2024, plus de 50 000 transactions d'appartements ont été enregistrées dans les villes de plus de 20 000 habitants.
Les 15 villes en plus forte baisse (2023-2024)
Voici les villes de plus de 20 000 habitants dont le prix médian au m² des appartements a le plus reculé entre 2023 et 2024 (données DVF). Nous excluons les DOM-TOM où les volumes de transactions sont trop faibles pour être significatifs.
Prix : 2 308 €/m² — Évolution : -43,9 % — 3 498 transactions — Score global : 6,2/10
Prix : 1 049 €/m² — Évolution : -40,3 % — 1 154 transactions — Score global : 7,5/10
Prix : 2 391 €/m² — Évolution : -37,5 % — 702 transactions — Score global : 6,3/10
Prix : 2 096 €/m² — Évolution : -35,4 % — 1 098 transactions
Prix : 1 642 €/m² — Évolution : -45 % — 200 transactions — Score global : 6,4/10
Prix : 2 800 €/m² — Évolution : -28,7 % — 194 transactions
Prix : 1 533 €/m² — Évolution : -26,7 % — 306 transactions — Score global : 6,5/10
Prix : 1 112 €/m² — Évolution : -26 % — 312 transactions — Score global : 7/10
Prix : 1 222 €/m² — Évolution : -25,8 % — 414 transactions — Score global : 6,9/10
Prix : 1 486 €/m² — Évolution : -28,8 % — 68 transactions — Score global : 6,2/10
Pourquoi les prix baissent : les 4 facteurs
Déclin démographique
Moins d'habitants signifie moins d'acheteurs. Saint-Quentin a perdu 8 % de sa population en 20 ans. Montluçon recule de 1 % par an depuis 2010. Quand la demande diminue, les prix suivent mécaniquement.

Passoires thermiques invendables
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être loués. Les logements F suivront en 2028. Dans les villes où le parc immobilier est ancien et mal isolé, une part significative des biens devient invendable sans rénovation lourde. Les vendeurs baissent leurs prix pour trouver preneur.
Surévaluation post-Covid
Certaines villes ont connu une hausse artificielle en 2021-2022, portée par l'exode urbain et les taux bas. Le retour à la réalité (hausse des taux, fin du télétravail contraint) provoque une correction. Besançon, en baisse de 43,9 %, corrige une hausse de 30 % entre 2020 et 2023.
Perte d'attractivité économique
La fermeture d'usines, la délocalisation d'entreprises ou la perte d'un employeur majeur privent une ville de ses forces vives. Le taux de chômage dans les villes en baisse atteint 21 % en moyenne, contre 10 % au niveau national.
Baisse des prix = opportunité d'achat ?
Pas toujours. Une baisse de prix dans une ville qui perd des habitants, des emplois et des services est un signal d'alerte, pas une aubaine. Acheter à 1 000 €/m² dans une ville qui sera à 800 €/m² dans 5 ans n'est pas une bonne affaire.
En revanche, une baisse modérée dans une ville qui conserve ses services, ses écoles et ses transports peut être une fenêtre d'opportunité. La clé est de croiser la baisse de prix avec le score global OUVEF : si le score reste élevé (>6,5/10) malgré la baisse des prix, la qualité de vie est préservée et le prix bas pourrait être temporaire.
Les villes en baisse avec une bonne qualité de vie : le filtre OUVEF
Voici les villes en baisse de prix qui conservent un score global OUVEF supérieur à 6,5/10 — signal d'une qualité de vie préservée malgré le recul immobilier :

- Montluçon — 1 049 €/m², -40,3 %, score global 7,5/10. Le meilleur score de la liste. Équipements complets, santé correcte, climat agréable. La baisse semble excessive au regard de la qualité de vie.
- Grigny — 1 112 €/m², -26 %, score global 7/10. Proximité parisienne, prix plancher.
- Vierzon — 1 222 €/m², -25,8 %, score global 6,9/10. Centre-France, gare SNCF, services préservés.
- Oyonnax — 1 533 €/m², -26,7 %, score global 6,5/10. Bassin d'emploi plasturgie, Jura à portée.
FAQ
Quelles sont les villes où les prix immobiliers baissent le plus en France ?
D'après les données DVF 2024, Besançon (-43,9 %), Montluçon (-40,3 %) et Saint-Quentin (-37,5 %) affichent les plus fortes baisses parmi les villes de plus de 20 000 habitants. Ces baisses s'expliquent par la correction post-Covid, le déclin démographique et les passoires thermiques.
Une baisse de prix est-elle toujours une mauvaise nouvelle ?
Non. Dans les villes qui conservent une bonne qualité de vie (score OUVEF > 6,5/10), une baisse peut représenter une fenêtre d'achat. Montluçon (score 7,5/10) offre un immobilier à 1 049 €/m² avec des services complets — la baisse semble disproportionnée par rapport à la qualité de vie réelle.
Comment savoir si une baisse va continuer ?
Surveillez trois indicateurs : le volume de transactions (en hausse = le marché se reprend), le taux de logements vacants (en baisse = la demande revient) et le solde migratoire (positif = de nouveaux habitants arrivent). Notre classement en temps réel met à jour ces données trimestriellement.
Les estimations en ligne reflètent-elles les vraies baisses ?
Rarement. Les estimations algorithmiques (MeilleursAgents, SeLoger) lissent les variations et sous-estiment les baisses réelles. DVF montre les prix effectivement payés, ce qui révèle des écarts de -20 à -40 % que les estimations ne captent pas.
Faut-il attendre que les prix baissent encore avant d'acheter ?
Personne ne peut prédire le point bas d'un marché. Si la ville vous convient (score OUVEF, emploi, services) et que le prix actuel correspond à votre budget, acheter est raisonnable. Attendre un hypothétique point bas, c'est risquer de payer un loyer supplémentaire pendant des mois.
Sources : DVF (DGFiP) pour les prix médians et évolutions 2023-2024, INSEE pour la démographie et le chômage, données ou-vivre-en-france.fr pour les scores globaux. Plus de 50 000 transactions analysées.